Éthique numérique

En construisant un monde numérique en expansion constante, en apparence complètement déconnecté de la nature, on tend à oublier que l’on vit dans un monde fini, où les ressources sont précieuses. Notre monde numérique est de plus en plus gourmand en ressources : on consomme de plus en plus de données, sur des réseaux de plus en plus rapides (2G, 3G, 4G, et maintenant 5G !), on renouvelle nos équipements en permanence, on développe de nouveaux usages, de nouveaux équipements, … tout ne fait que croitre. L’impact environnemental du numérique devient même comparable à celui du domaine de l’aviation civile !

Ce développement illimité n’est forcément pas durable dans un monde où les ressources sont, elles, limitées. De plus, nos systèmes d’approvisionnements en nourriture/eau/énergie/etc sont aujourd’hui tous dépendants du numérique. Une raréfaction des ressources pour la fabrication de nos équipements aurait donc des conséquences énormes !

Face à ce constat, il parait important de repenser notre manière de concevoir les outils numériques pour tendre vers une utilisation plus sobre et responsable. De plus en plus de personnes, touchées par ces enjeux, cherchent des solutions. C’est notamment le cas du collectif « Green IT », qui donne énormément de ressources intéressantes : si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à consulter leur site internet.

Alors quoi faire ?

Au niveau de l’utilisateur, l’idée est surtout de changer notre manière de penser, en ajouter l’impact environnemental dans la balance de nos choix :

  • Chercher à limiter l’usage de l’informatique plutôt que de chercher à « informatiser » à tout prix
  • Limiter le nombre d’appareils
  • Prolonger leur durée de vie
  • Réduire leur temps d’utilisation
  • Réserver le numérique à des usages pertinents

Pour un acteur de ce monde numérique, l’éco-conception c’est prendre en compte l’impact environnemental dans tout le cycle de vie d’un service numérique. Ça passe notamment par : 

  • Réfléchir à la pertinence ou non d’utiliser un service numérique pour cet usage
  • Limiter les ressources nécessaires à l’exécution de l’outil, principalement dans l’optique de limiter l’obsolescence des équipements
  • Optimiser au mieux l’outil pour limiter la quantité de données stockée et échangée.
  • Réfléchir à la durabilité de l’outil

J’essaie d’appliquer au mieux un ensemble de bonnes pratiques comme celles-ci, en me basant notamment sur le livre de Frédéric Bordage «  Éco-conception web : les 115 bonnes pratiques »

Mon point de vue

Personnellement particulièrement impliqué dans une démarche de recherche d’un rapport à la nature plus éthique, mon métier de développeur web soulève évidemment un paradoxe. Je fais donc au mieux pour que mes compétences puissent servir à limiter l’impact du numérique, tout en étant transparent sur l’impact engendré malgré tout par ce domaine.

J’éco-conçoit donc les outils et sites que je développe et j’essaie de sensibiliser à l’impact de ce domaine, tout en essayant de développer en parallèle des compétences plus adaptées aux problématiques du monde de demain.

Comme le dit Aurélien Barrau « Avec un buldozer qui fonctionne à l’énergie solaire on peut raser la forêt amazonienne ».  L’éco-conception, comme l’énergie solaire, n’est donc pas une solution, ça serait se donner bonne conscience que de se d’affirmer ça. La solution serait davantage une diminution importante de l’usage du numérique ! L’éco-conception serait alors éventuellement pertinente pour les services numériques indispensables restants.

En savoir plus sur l’écologie et le numérique

Le site GreenIT.fr contient énormément de ressources intéressantes, analysées avec un point de vue souvent particulièrement conscient sur l’ampleur des enjeux environnementaux actuels.

Vous pouvez même régulièrement trouver dans les médias des articles sur ce sujet :